• Coucou !

    Cet anniversaire est l'occasion de revenir aux fondamentaux : la lecture, l'écriture, le blog, la lutte, avec un concours à la clé. Bonne lecture !

    Ce que Bibliolingus représente pour moi

    Aujourd'hui, Bibliolingus a 10 ans ! Voilà une preuve, s'il en est, de ma constance et de ma fidélité à toute épreuve. L'année qui vient de s'écouler a été très difficile sur le plan personnel, et celle à venir le sera encore à certains égards, mais mon amour de l'écriture et du partage reste intact. Certes, j'ai publié moins de chroniques car il me fallait survivre, mais chaque jour Bibliolingus me rappelle que la lecture et l'écriture sont une passion et un pilier dans ma vie. Ce sont deux activités dans lesquelles je me retrouve pleinement, les deux qui m'habitent le plus, celles que je peux faire durant des journées entières. Ce n'est pas pour rien que je suis éditrice et que j'ai cofondé la librairie associative Alterlibris !

    Ce que je défends avec Bibliolingus

    Avec Bibliolingus, je défends la littérature engagée, politique et prolétarienne, indépendante et originale. Une littérature engagée, réunissant aussi bien des essais que des romans, qui ne coupe pas du réel, mais qui invite à mieux y revenir. Une littérature qui donne à réfléchir sur la société, son fonctionnement et ses alternatives, qui interroge nos fondements et nos valeurs, nos impasses et nos révoltes.

    Avec Bibliolingus, je défends la bibliodiversité et les éditions indépendantes qui s'efforcent de s'affranchir du système capitaliste pour publier des auteurices peu plébiscité·es par les médias et les institutions. Je défends des livres peu visibles sur les autres blogs, des auteurices de qualité, les ancien·nes, les oublié·es, les discret·es, les muselé·es. J'aborde les sujets politiques qui me tiennent éveillées chaque jour, comme l'anarchisme, le féminisme, l'écologie, l'antispécisme, l'antiracisme, l'antifascisme.

    Avec Bibliolingus, je défends la liberté d'expression et l'indépendance. Les blogs sont (encore) préservés de la censure que connaissent mes camarades sur les réseaux sociaux, notamment Youtube, Instagram et Twitter. Mon indépendance a un coût, puisque je paie 9 euros par mois à Eklablog, mais elle reste vulnérable aux difficultés économiques de ma plateforme.

    En savoir plus sur la fréquentation du blog

    La lecture comme soutien à l'action politique

    Loin de se substituer à l'action politique, la lecture vient la soutenir et la comprendre. Lire nous donne des clés pour comprendre ce qui se joue, mais ne se substitue pas à l'action politique. Lire et écrire me permet d'avancer dans mes propres réflexions, de les rendre intelligibles à moi-même, d'amorcer des changements dans ma façon de voir la situation et d'agir. Cela me permet aussi d'entrer en contact avec certain·es d'entre vous qui me lisez, de nouer des liens sûrs et solidaires.

    J'espère que, pour vous aussi, mon blog est aussi une source d'inspiration et de changement. J'espère que mes chroniques vous apportent aussi des réflexions, des questions, quelquefois des réponses, et qu'elles vous éclairent lorsque vous n'avez pas le temps d'ouvrir les livres que j'ai lus. 

    À l'heure où j'écris ces lignes, le passe vaccinal vient d'être voté, en pleine nuit, par l'assemblée nationale qui est depuis longtemps, et de plus en plus manifestement, une simple chambre d'enregistrement des décisions d'un gouvernement fascisant. L'urgence est telle que nous devrions, chacune et chacun, et dans la mesure de nos moyens, faire une place dans nos vies personnelles pour la lutte collective, avant que des lois liberticides et autoritaires ne nous en empêchent complètement. Nous ne pouvons pas laisser aux autres le soin de réfléchir et d'agir pour nous, pour notre planète, pour notre avenir.

    Alors, lisons, instruisons-nous, étudions le mal à la racine, sortons de notre zone de confort, partageons nos réflexions pour alimenter nos luttes.

    Avec l'isolement social qu'on tente de nous imposer, il devient plus difficile de conserver nos liens et d'en tisser des nouveaux. Je suis pourtant intimement convaincue que c'est ce qui nous sauvera. Gardons le contact, prenons soin les un·es des autres, créons des réseaux de résistance, organisons-nous, ici et maintenant, avant que l'on ne nous en empêche et qu'il ne soit trop tard.

    Quelques lectures emblématiques

    Ce serait long et difficile de faire une rétrospective de toutes mes lectures, mais je vous propose une petite sélection des auteurices et des ouvrages que j'ai le plus aimés :

    Littérature et récits

    L'homme au marteau Jean Meckert Bibliolingus

    Jean Meckert (réécouter mon passage dans l'émission de radio Modes d'emploi sur Fréquence Paris Plurielle)

    la proie irène némirovsky bibliolingus

    Irène Némirovsky

    La Proie

    la fortune des rougon émile zola bibliolingus

    Émile Zola

    La Fortune des Rougon (tome 1 des Rougon-Macquart)

    La Route de Los Angeles John Fante

    John Fante

    La Route de Los Angeles

    l'intérieur de la nuit léonora miano bibliolingus

    Léonora Miano

    L'Intérieur de la nuit

    beloved toni morrison bibliolingus

    Toni Morrison

    Beloved

    Le Bourreau Heloneida Studart

    Heloneida Studart

    Le Bourreau

    l'aveuglement jose saramago bibliolingus

    José Saramago

    L'Aveuglement

    vivre ma vie emma goldman bibliolingus

    Emma Goldman

    Vivre ma vie 

    la supplication svetlana alexievitch bibliolingus

    Svetlana Alexievitch

    La Supplication

    Essais

    l'ordre moins le pouvoir normand baillargeon bibliolingus

    Normand Baillargeon

    L’ordre moins le pouvoir 

    la rébellion zapatiste jérôme baschet bibliolingus

    Jérôme Baschet

    La rébellion zapatiste

    la domination policière mathieu rigouste bibliolingus

    Mathieu Rigouste

    La Domination policière

    comment la non-violence protège l'état peter gelderloos bibliolingus

    Peter Gelderloos

    Comment la non-violence protège l’Etat

    le ventre des femmes françoise vergès bibliolingus

    Françoise Vergès

    Le Ventre des femmes

    planète végane ophélie véron bibliolingus

    Ophélie Véron

    Planète végane

    manifeste d'une femme trans julia serano bibliolingus

    Julia Serano

    Manifeste d'une femme trans

    une culture du viol à la francaise valerie rey-robert bibliolingus

    Valérie Rey-Robert

    Une culture du viol à la française

    Concours des 10 ans

    Pour célébrer cet anniversaire et vous remercier de me suivre, à vous qui êtes de plus en plus nombreux·ses à me lire, je vous ai concocté un petit concours Instagram (le tout premier) ! Du 6 au 9 janvier 2022 sur Instagram, je vous propose de gagner un exemplaire de La guerre des mots. Combattre le discours politico-médiatique de la bourgeoisie de Selim Derkaoui et Nicolas Framont. Pourquoi celui-ci, me direz-vous ? J’ai souvent écrit dans mes chroniques que les mots sont essentiels dans nos luttes, et cet ouvrage décrypte de manière très claire le dévoiement des mots à des fins idéologiques.

    Cet ouvrage salutaire à l'approche des élections présidentielles est publié par les éditions du passager clandestin que j'aime beaucoup : mon choix s'est porté sur cette maison car elle est engagée, indépendante, et tenue par 3 femmes en coopérative ! Bonne chance pour le concours

    Que cette nouvelle année vous soit pleine de lectures belles, stimulantes et enrichissantes ! Force et courage ♥

    Lybertaire

    Retrouvez-moi sur instagram où je suis le plus présente, mais aussi facebook et twitter !

    Quelques mots sur les derniers anniversaires

    Bibliolingus : 9 ans de lectures engagées

    Bibliolingus fête ses huit ans !

    Sept ans de Bibliolingus : lire pour comprendre et agir

    Six ans de Bibliolingus : la lecture à contre-courant

    Bibliolingus, cinq ans de découvertes et de rencontres

    Quatre ans de Bibliolingus : la lecture en partage

    Bibliolingus a trois ans : bloguer, pour qui, pour quoi ?

    Bibliolingus fête ses deux ans !

    Bibliolingus

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  • Chronique des 10 ans

    la guerre des mots bibliolingusLa guerre des mots
    Combattre le discours politico-médiatique de la bourgeoisie
    Selim Derkaoui et Nicolas Framont
    Illustrations d’Antoine Glorieux
    Le passager clandestin
    2020

     

    Concours Instagram du 6 au 9 janvier 2022 pour gagner un exemplaire

    En un mot

    « Charges sociales », « projet », « égalité des chances », « classe moyenne », « ascenseur social », « réforme »… J’ai souvent écrit dans mes chroniques que les mots sont essentiels dans nos luttes, c’est pourquoi j’ai choisi de vous présenter La guerre des mots pour fêter les 10 ans de Bibliolingus. Les auteurs de cet ouvrage particulièrement bien conçu, riche et clair mettent à nu les mécanismes langagiers de la classe bourgeoise pour asseoir son emprise idéologique et nous faire travailler contre l’intérêt de la classe laborieuse. Voilà un livre salutaire à l’approche des élections présidentielles qui relèvent de la mascarade !

    « La lutte de classes n'a jamais cessé1. »

    Contrairement à ce que la classe politico-médiatique veut le faire croire, la lutte des classes n’a jamais cessé. La société capitaliste est toujours très hiérarchisée : d’un côté, la bourgeoisie (le gouvernement, le patronat, les actionnaires, les grand·es propriétaires) contrôle les moyens de production, les modes de vie et les règles du capitalisme ; et, de l’autre, la classe laborieuse assure les fonctions vitales de toustes. C’est une réalité, la première tire ses revenus du travail de la seconde.

    « Les dominants ont des raisons de l’être, et les dominés l’ont bien cherché2. »

    La classe bourgeoise a mis en œuvre un ensemble de fictions idéologiques diffusées à longueur de journée dans les médias complaisants (lien vers une chronique) : les bourgeois·es sont riches et puissant·es parce qu’iels sont doué·es et qu’iels le méritent, les pauvres sont pauvres parce qu’iels ne savent pas gérer leur argent, parce qu’iels ne connaissent rien à l’économie, parce qu’iels n’ont pas fait les bonnes études, parce qu’iels sont fainéant·es, anti-républicain·es, communautaires, extrémistes, musulman·es, fainéant·es, malchanceux·ses…

    La guerre des mots-répartition des salaires

    À coups de mensonges, de langue de bois, d’abus de langage et de phrases méprisantes, les fictions idéologiques de la classe bourgeoise ont plusieurs fonctions :

    • faire accepter la domination économique, politique, médiatique de la bourgeoisie ;
    • invisibiliser ses propres privilèges en attribuant ses richesses et ses pouvoirs à des qualités individuelles, et en s’incluant au sein d’une « classe moyenne » vague et montée de toutes pièces ;
    • masquer les hiérarchies, les liens de subordination et la conflictualité intrinsèques au système capitaliste ;
    • faire croire que ses intérêts sont ceux de l’ensemble de la population ;
    • justifier la casse des services publics et forcer l’extension du marché dans tous les aspects de nos vies ;
    • faire accepter le chômage de masse, la précarisation, la souffrance au travail et la pauvreté du plus grand nombre au profit d’une minorité aisée ;
    • faire croire que chacun·e d’entre nous peut devenir riche et puissant·e ;
    • empêcher la critique de l’ordre social, discréditer et décourager nos luttes, légitimer la répression (notamment policière) dont nos mouvements sociaux font l’objet.

    « La vie d’un entrepreneur, elle est bien souvent plus dure que celle d’un salarié. Il ne faut jamais l’oublier. [...] Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties3. » (Emmanuel Macron)

    Parmi les nombreux subterfuges utilisés, je voudrais vous parler de celui de la « prise de risque ». Dans la fiction idéologique de la classe bourgeoise, le·a patron·ne est un·e « entrepreneur·se », un·e « visionnaire » dont on loue l’audace, le courage, l’intelligence et le mérite, alors qu’iel a pu créer son entreprise grâce à son patrimoine financier et immobilier, grâce à son héritage, grâce à son réseau familial ou scolaire. En cas de liquidation, que dire des salarié·es, dont la perte de leur emploi équivaut à une mise à mort s’iels ne retrouvent pas immédiatement un nouvel emploi ? Que dire des travailleur·ses ubérisé·es, des autoentrepreneur·ses (dont je fais partie), qui prennent en charge tous les risques ? Que dire des personnes qui souffrent de maladies physiques et mentales liées à leurs conditions de travail ? Enfin, que dire des 1535 personnes mortes dans l’effondrement de l’atelier de textile du Rana Plaza en 2013 ?

    La guerre des mots-prise de risque

    «  Non, le gouvernement n’agit pas comme dans une dictature : il n’a de cesse de consulter les partenaires sociaux, de communiquer avec pédagogie4. »

    Je veux aussi vous parler du « dialogue social », à l’instar de l’immense mascarade du « Grand Débat national » instauré en 2019 après les Gilets jaunes. Pour la classe bourgeoise, il s’agit de mettre en scène des débats « ouverts », « démocratiques », aussi bien au sein de la société que des entreprises avec les « partenaires sociaux » pour donner l’impression d’agir, de « collaborer », et pour gérer les mouvements sociaux. Mais en fin de compte, plus il y a du « dialogue social », plus le gouvernement et le patronat décident.

    Le « dialogue social » est inefficace et vain, il vise à désamorcer les mouvements sociaux, à apaiser le sentiment d’injustice (la « grogne »). Toute action politique qui sort de ce cadre est aussitôt discréditée et perçue comme violente (je me souviens en 2015 de la chemise arrachée du cadre d’Air France qui a fait davantage la Une des médias que les 2900 emplois menacés par le « plan de restructuration »).

    La guerre des mots-cfdtRencontre avec le livre

    La guerre des mots est un ouvrage nécessaire à l’édifice de nos luttes émancipatrices. Effectivement, comment nous organiser si nous ne parvenons pas à nommer nos adversaires et à cerner leurs stratégies de dépolitisation ? Pour reprendre le pouvoir, il nous faut retrouver le sens des mots.

    Je n’ai pas choisi cet ouvrage par hasard pour fêter les 10 ans de Bibliolingus : La guerre des mots est très bien conçu de bout en bout ! Ce n’est pas un dictionnaire qui se lit de manière aléatoire et décousue, c’est un ouvrage qui explique les concepts politico-médiatiques dans une suite cohérente et progressive. Il s’achève par la notion centrale dans nos luttes, la « gauche », qui a été récupérée par la bourgeoisie pour se donner des airs d’humanité.

    Cet ouvrage est particulièrement complet, puisque les analyses des discours de la bourgeoisie sont appuyées de rétrospectives historiques sur la lutte des classes (colonisation, esclavage, révolution de 1848, Commune de Paris, élection d’Hitler, guerres mondiales…), et des illustrations très efficaces et parfois grinçantes d’Antoine Glorieux.

    Merci aux éditions indépendantes et engagées du passager clandestin d’être à mes côtés pour fêter les 10 ans de Bibliolingus ! À cette occasion, je vous propose, pour la première fois, un concours sur Instagram pour gagner un exemplaire de La guerre des mots ! Bonne chance !La guerre des mots-demander poliment

    Lisez aussi

    Essais

    Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot Sociologie de la bourgeoisie

    Julien Brygo et Olivier Cyran Boulots de merde !

    Edward Bernays Propaganda

    Collectif Journalistes précaires, journalistes au quotidien (100e chronique)

    Pierre Bourdieu Sur la télévision 

    Paul Nizan Les Chiens de garde

    Daniel Schneidermann Du journalisme après Bourdieu

    John Stauber et Sheldon Rampton L'Industrie du mensonge

    Peter Gelderloos Comment la non-violence protège l’État

    Mathieu Rigouste La Domination policière

    Didier Fassin La Force de l’ordre

    Collectif Le fond de l'air est jaune

    Normand Baillargeon L’ordre moins le pouvoir  

    Eric Fournier "La Commune n'est pas morte"

    Louise Michel La Commune

    Chris Harman Un siècle d'espoir et d'horreur, une histoire populaire du XXe siècle

    Collectif En finir avec les idées fausses sur les pauvres
    et la pauvreté

    Littérature

    Irène Némirovsky Le Maître des âmes

    Thierry Beinstingel Retour aux mots sauvages

    Jean Meckert Les Coups

    Emile Zola La Curée (tome 2)

    Richard Krawiec Dandy

    Iain Levison Tribulations d'un précaire

    José Saramago L'Aveuglement

    José Saramago La Lucidité

    Récits

    Jean-Pierre Levaray Je vous écris de l'usine

    Emma Goldman Vivre ma vie 

    Regardez aussi

     

    1. Page 243. -2. Page 23. -3. Page 113. -4. Page 185.

    La guerre des mots

    Combattre le discours politico-médiatique de la bourgeoisie

    Selim Derkaoui et Nicolas Framont

    Illustrations d’Antoine Glorieux

    Préface de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

    Le passager clandestin

    2020

    256 pages

    17 €

    Bibliolingus

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