• ne nous mangez pas ruby roth bibliolingus blog livre

    Ne nous mangez pas !
    Vivre en respectant les animaux
    Ruby Roth
    Éditions L’Age d’homme
    2014

     

    En un mot

    Ruby Roth, auteure et illustratrice, consacre un très bel album jeunesse sur le véganisme et l’antispécisme. Intelligent, particulièrement esthétique et puissant, cet album publié par les éditions L’Âge d’homme, nourrira la sensibilité des enfants de plus de 4 ans et leur donnera le goût d’un monde respectueux et juste. J’ai adoré et admiré cet album !

    « Lorsque nous traitons les animaux avec respect, nous faisons la paix dans le monde. »

    C’est d’abord le dessin de Ruby Roth qui m’a saisie. Il est esthétique, doux et puissant, expressif et drôle. Les couleurs chaleureuses et la mise en lumière sont profondes et texturées. Les formes sont très rondes et géométriques : le groin du cochon est un rond presque parfait et bien plat, les queues des vaches et des singes sont des spirales carrées, les fleurs ont des formes régulières et symétriques.

    Ne nous mangez pas ! ≡ Ruby Roth

    Tantôt les illustrations couvrent tout l’empagement, et le texte est mis en valeur par la réserve blanche, tantôt le fond est blanc et le texte noir pour mieux faire surgir les animaux.

    Ne nous mangez pas ! ≡ Ruby Roth

    C’est ensuite le texte qui me semble bien amené. Il aborde en effet trois thèmes : les animaux sont des êtres sensibles qui n’ont pas à être élevés ni mangés ; les êtres humains et les animaux sont des Terriens, quels que soient l’apparence et le mode de vie (c’est l’antispécisme) ; les animaux dans leur milieu naturel forment un écosystème que nous, humain∙e∙s, devons préserver et non pas détruire.

    Ne nous mangez pas ! ≡ Ruby Roth

    Par opposition au bien-être des animaux observé par l’éthologie (l’étude du comportement animal), la souffrance animale est illustrée par le visage triste des animaux. Pas de sang ni de mutilations, car ce n’est pas nécessaire de montrer tout cela à un enfant qui comprend très bien. Le dessin sur fond blanc est tacheté d’éclats de peinture, étroit, sombre.

    Ne nous mangez pas ! ≡ Ruby Roth

    Rencontre avec le livre

    L’album de Ruby Roth, un des livres phares du véganisme destinés aux enfants (à partir de 4 ans), est efficace complet, et qui se lit à différents âges. Appuyé d’un dessin qui a fait son succès, il explique en quoi la souffrance animale est injuste et, en guise de conclusion, il s’achève sur une page de conseils véganes adaptés aux enfants, laquelle peut être relue à plusieurs stades de l’enfance.

    Voilà un album que je ne peux que vous recommander. Si vous, en tant que parent∙e, êtes hésitant∙e sur la légitimité du véganisme, alors cet album est probablement l’occasion d’apprendre aux côtés de votre enfant pourquoi nous devons respecter les animaux, ces personnes non humaines. Et ce sera l'occasion pour moi, bientôt, de vous conseiller des livres de recettes végétales !

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    Ne nous mangez pas !

    Vivre en respectant les animaux

    (That’s why we don’t eat animals, traduit de l’anglais par Laure Gall)

    Ruby Roth (texte et illustration)

    Éditions L’Age d’homme

    Collection V

    2014

    17 euros

    Bibliolingus

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  • le jeu des ombres louise erdrich bibliolingus blog livre

    Le Jeu des ombres
    Louise Erdrich
    Éditions Albin Michel
    2012

     

    En un mot

    Gil et Irene, l’artiste peintre et sa muse, s’aiment à se déchirer devant leurs trois enfants. Même si je n’ai pas été véritablement attachée aux personnages, j’ai trouvé ce huis-clos intime bien mené, malsain et saisissant, et j’ai dévoré le livre comme une voyeuse pour connaître le dénouement de cette relation toxique.

    « Lui volait-il quelque chose en la peignant1 ? »

    Irene et Gil, tou·te·s deux américain·e·s d’origine indienne, sont marié·e·s et ont trois enfants. Gil est devenu un peintre connu grâce à son œuvre qui depuis vingt ans n’a qu’un seul sujet : son épouse Irene est sa muse, son modèle qu’il a peint obsessionnellement dans les différents moments de leur vie.

    Alors que le couple est sur le point de voler en éclats, Irene découvre un jour que Gil lit son journal intime, car il la soupçonne de la tromper avec un ami du couple. Irene décide alors de commencer un second journal intime, le vrai qu’elle met en lieu sûr, et d’utiliser le premier pour manipuler son mari.

    Entre chantage, menaces et mensonges en escalade, le couple se déchire et révèle une relation malsaine et toxique. Gil porte à sa famille un amour obsessionnel, possessif et violent qui fait peur aux enfants, tandis qu’Irene est manipulatrice, dissimulatrice et un peu passive.

    Pendant que les parents se déchirent et s’aiment avec violence, les enfants sont uni·e·s, pelotonné.e.s ensemble dans l’orage. L’aîné, Florian, devient un génie en mathématiques et Stoney, à six ans, se révèle très doué pour le dessin ; il dessine tout ce qu’il voit. Quant à Riel, visiblement affectée par la relation tumultueuse de ses parents, elle puise dans leurs racines indiennes le courage pour échafauder en secret des plans afin de survivre à la fin du monde, et aux attaques du père.

    « Dans ses tableaux, [Gil] mettait son chagrin, la nature insaisissable d’Irene, l’avidité de son étreinte, le rejet d’Irene, l’amertume de son espoir, la rage maussade d’Irene. Il avait pris conscience que plus leurs rapports étaient tendus, plus son travail en bénéficiait2. »

    Rencontre avec le livre

    Le Jeu des ombres est un huis-clos familial qui alterne brillamment les passages des deux journaux intimes et la narration à la troisième personne. L’impression de voyeurisme, plutôt que d’intimité, est habilement renforcée par la suppression des tirets d’incise et des guillemets des dialogues.

    Les personnages se livrent une guerre psychologique destructrice et déroutante, car la violence de cet amour est momentanément masquée par des moments complices entre Irene et Gil, ce qui rend la relation d’autant plus fascinante. Le drame de Gil, c’est que le bonheur ne lui permet pas de faire de belles toiles, et ce constat donne un relief réellement malsain à cette relation.

    Comme dans La Chorale des maîtres bouchers, j’ai remarqué et apprécié la place qui est faite aux chiens, considérés comme des êtres intelligents, attentifs aux humeurs des parents et des enfants, et faisant partie de la famille. C’est assez rare pour que je le souligne !

    J’ai dévoré avec avidité ce roman, car j’ai vraiment eu envie d’en connaître le dénouement. La fin est surprenante, mais fait finalement écho aux toutes premières pages du roman. Voilà une histoire puissante, bien menée, de qualité, et qui m’a saisie et intriguée sur le moment, mais je n’ai pas été assez attachée aux personnages pour en conserver une émotion durable.

    De la même auteure

    la chorale des maitres bouchers louise erdrich bibliolingus La Chorale des maîtres bouchers    

    1. Page 50. 2. Page 85.

    Le Jeu des ombres
    Louise Erdrich
    (Shadow Tag, titre original)
    Traduit de l’américain par isabelle Reinharez
    2012
    Éditions Albin Michel
    Collection Terres d’Amérique
    262 pages
    19 euros
    (disponible en poche)

    Bibliolingus

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