• sur le dos anahita ettehadi bibliolingus blog livre

    Sur le dos de la main gauche
    Anahita Ettehadi
    Éditions Le Muscadier
    2017

     

    « Regarde Alison, comme elle est féminine ! Ne t’étonne pas si tu n’as toujours pas de petit ami1. »

    Publié par les éditions du Muscadier, Sur le dos de la main gauche est un recueil de 7 nouvelles très courtes, en mode Short édition, chacune d’une longueur de 10 à 15 pages, qui ramassent en quelques mots une histoire, et parviennent à sous-entendre une anomalie, un vice, une souffrance. Les thèmes abordés, plutôt orientés vers les adolescentes, sont l’estime de soi, la différence, la sexualité, l’absence du père.

    L’exercice de la nouvelle est très difficile en soi, et je trouve que Anahita Ettehadi s’en tire très bien. J’aime le côté fugace, fulgurant des histoires, et les fortes contraintes qui définissent ce genre. Dans ce recueil, le cadre est mis en place de manière efficace et la chute est le dernier élément qui vient coiffer cruellement ou tristement l’histoire (une remarque, un coup de fil…). J’ai particulièrement aimé la première nouvelle, « La Robe », qui m’est restée en mémoire bien après avoir refermé le recueil. Toutefois, les textes m’ont paru trop courts pour bâtir une atmosphère dont le souvenir reste dans le temps. Cela ne tient pas tant à la qualité des textes qu’à l’exercice de style. Un·e adolescent·e qui lit peu sera probablement sensible à ces instants à la fois ordinaires et cruciaux dans la vie d’une jeune personne, mais le·a grand·e lect·eur·rice restera certainement sur sa faim !

    Lisez aussi

    dysfonctionnelle axl cendres

    Dysfonctionnelle

    Axl Cendres

    les mains dans la terre cathy ytak bibliolingus blog livre

    Les Mains dans la terre

    Cathy Ytak

    1. Page 12.

    Sur le dos de la main gauche
    Anahita Ettehadi
    Éditions Le Muscadier qui m'ont offert l'ouvrage
    2017
    98 pages
    9,50 euros

    Bibliolingus

     

    Partager via Gmail Delicious Yahoo! Google Bookmarks Pin It

    2 commentaires
  • planete vegane ophelie veron bibliolingus blog livrePlanète végane
    Penser, manger et agir autrement
    Ophélie Véron
    Éditions Marabout
    2017

     

    « Si refuser la barbarie est un geste radical, alors soyons radicalement anti-barbares. »

    C’est avec fierté et bonheur que, pour la première fois en cinq ans et demi, je vous parle aujourd’hui d’un livre sur lequel j’ai travaillé. Ophélie Véron, chercheuse en sciences sociales, spécialiste des mouvements véganes et militante pour les droits des animaux, met à profit ses activités dans l’excellent blog Antigone XXI et publie aujourd'hui le livre Planète végane.

    Du point de vue professionnel, ce travail a été très instructif, puisque j’ai pu appliquer à l’échelle d’un ouvrage entier l’écriture inclusive ! À ma connaissance, c’est le seul livre qui ne parle pas de féminisme qui l’utilise, et j’en suis très fière ! Ce fut un bonheur de travailler avec l'auteure, qui s’est montrée aussi bienveillante dans son livre que dans nos échanges à distance et en vrai. Je dois également remercier l’éditrice des éditions Marabout pour m’avoir confié ce très beau projet.

    À bien des égards, cet ouvrage est fondamental, pédagogique et rigoureux, bienveillant et tolérant, documenté et complet, puisqu’il s’adresse aussi bien aux curieux·ses et aux débutant·e·s qu’aux véganes convaincu·e·s.

    « C’est trois fois par jour que l’on milite quand on refuse de mettre des animaux dans son assiette. »

    En matière de cuisine végétalienne, Ophélie Véron abonde d’astuces et de conseils pour venir progressivement au végéta*isme, créer des menus équilibrés et remplacer les produits laitiers. Mais il y est aussi question de l’habillement (pour quelles raisons ne pas porter de cuir ni de laine ? comment reconnaître la vraie fourrure ? quels sont les marques et labels végé-friendly ?), des produits cosmétiques et ménagers (comment reconnaître les ingrédients d’origine animale ? quelle est la réglementation sur les tests sur animaux ?). Ophélie va plus loin lorsqu’elle aborde la question des animaux de compagnie (est-ce végane de posséder un chat, un chien ou un cheval ? comment les nourrir et les traiter ?) et celles des divertissements (peut-on cautionner les zoos qui enferment les animaux ? comment se divertir au contact d’animaux sans les faire souffrir ?). D’autres aspects du quotidien sont aussi abordés, auxquels je n’avais pas pensé : les préservatifs sont-ils véganes ? le vin, la bière, la cigarette peuvent-ils ne pas être véganes ?

    « Les animaux sont les misérables rouages, invisibles et silencieux, de l’immense machinerie qui fait tourner notre monde. »

    Au-delà des aspects pratiques, Ophélie consacre une partie de l’ouvrage à expliquer les origines et la philosophie qui fondent le véganisme depuis l’Antiquité. Du point de vue éthique, tous les animaux ont en effet le droit à vivre, car ce sont des êtres sensibles comme nous. Être végane, c’est ne plus participer à l’exploitation et à la mise à mort de milliards d’animaux. Le véganisme s’avère également nécessaire du point de vue écologique et sanitaire, car l’élevage intensif ou extensif n’est pas durable (déforestation, érosion des sols, émission de gaz à effet de serre…) et ne permet pas de nourrir la population mondiale, tandis que les plantations de céréales, de légumineuses et de légumes, moins gourmandes en énergie, en eau, en superficie, répondent aux besoins humains. Par ailleurs, de plus en plus d’études ont montré que manger de la viande n’était pas bon pour la santé.

    « Au fil des années, j’ai remarqué une chose : on est parfois plus convainquant·e avec le ventre qu’avec les mots ! »

    Enfin, ce qui m’a paru le plus essentiel parmi tous ces aspects essentiels (!), c’est la manière de vivre son véganisme en société : comment vivre au quotidien dans une famille non végane ? au travail ? à l’école ? comment parler du véganisme de façon sereine, tolérante et efficace ? comment encourager un·e débutant·e et lui donner confiance en ses capacités ? quels sont les biais cognitifs qui font que certaines personnes ne veulent pas changer, ou même se braquent quand on s’exprime à ce sujet ? pourquoi les personnes à qui nous parlons du véganisme affirment presque toujours avoir diminué leur propre consommation de viande ? D’autre part, les incohérences, les doutes légitimes, ou encore les idées reçues des omnivores trouvent une réponse : « oui, mais moi, je ne mange que de la viande de petit·e·s éleveur·se·s bio » ; « le véganisme est un extrémisme, il faut être modéré·e » ; « il y a des causes plus importantes que la cause animale » ; « les animaux se mangent entre eux, c’est donc naturel »… À présent, je me sens mieux informée et plus apte à répondre aux remarques curieuses et sincères, agressives ou méprisantes qui me sont souvent adressées au quotidien.

    « Le véganisme est une révolution : celle de nos modes de vie, nos représentations culturelles, nos systèmes sociaux. »

    Je rejoins fondamentalement l’opinion d’Ophélie Véron sur la place du véganisme faisant partie d’un ensemble de luttes contre toutes les formes d’oppression : c’est l’intersectionnalité des mouvements. Le véganisme fait cause commune avec les luttes pour les pauvres, les femmes, les homosexuel·le·s, les trans, les racisé·e·s, les réfugié·e·s, les handicapé·e·s, les vieux·ieilles, les gros·se·s...

    Être végane, c’est mettre en œuvre ses principes éthiques, c’est bien une révolution quotidienne. Toutefois, celle-ci ne saurait se limiter à la sphère privée, et j’ai pris conscience que mon véganisme n’était pas seulement un choix personnel, mais une question d’ordre politique qui doit être débattue sur la place publique – et sur Bibliolingus ;)

    Lisez aussi

    antispeciste aymeric caron bibliolingus blog livre

    Antispéciste

    Aymeric Caron

    tirons la langue davy borde bibliolingus blog livre

    Tirons la langue

    Davy Borde

    Faut-il arrêter de manger de la viande ? Collectif Faut-il arrêter de manger de la viande ? Les Moissons du futur Marie-Monique Robin Bibliolingus

    Les Moissons du futur

    Marie-Monique Robin 

    les animaux ne sont pas comestibles martin page bibliolingus

    Les animaux ne sont pas comestibles

    Martin Page

    ne nous mangez pas ruby roth bibliolingus blog livre  

    Ne nous mangez pas !

    Ruby Roth (jeunesse)

    Planète végane
    Penser, manger et agir autrement
    Ophélie Véron
    Éditions Marabout
    2017
    480 pages
    17,90 euros

    Bibliolingus

    Partager via Gmail Delicious Yahoo! Google Bookmarks Pin It

    6 commentaires