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    Les réseaux sociaux sont-ils nos amis ? 

    Julie Denouël, Éric Delcroix et Serge Proulx

    Le Muscadier

      2012

    La Voie des indés Libfly 2012 

     

     

     

    Outils de réseautage ou de fliquage ?

    Les réseaux sociaux numériques, on croit les connaître. Qu’ils soient des sites à tout faire ou dédiés au réseautage professionnel ou culturel, ils sont omniprésents. Tour à tour qualifiés d’instruments de démocratie dans les conflits sociaux ou accusés d’incarner  Big Brother, ils échappent pourtant à l’analyse et au contrôle.

    S’ils prennent de plus en plus d’importance dans nos vies, s’ils deviennent des plateformes incontournables des opérations courantes, comment ne peuvent-ils pas être la proie des gouvernants, lesquels chercheront (si ce n’est pas déjà fait) à s’accaparer cet outil dans le but de surveiller le peuple ?

    La géolocalisation et les règles de confidentialité hasardeuses ne sont-elles pas en contradiction avec la liberté individuelle ? Pouvons-nous accepter que nos interactions ne soient que le prétexte à la négociation des contrats ; de n’être que des « sponsorisés consentants » de Facebook ? Jusqu’à quel point Facebook est-il le propriétaire des contenus mis en ligne ? Que fait-on du droit de propriété intellectuelle, du droit à l’oubli ? Doit-on tolérer que les méthodes de marketing viral des entreprises s’immiscent jusque dans notre cercle d’amis ?

    Depuis que Facebook est entré en bourse, tous les dangers sont permis. Désormais, nos interactions avec nos « amis » ne feront plus seulement la fortune de Facebook et des annonceurs publicitaires ; nous sommes les petites fourmis ouvrières des actionnaires et des investisseurs comme Goldman Sachs.

    Tous les réseaux sociaux ne sont pas comme Facebook, heureusement. Mais plus généralement, ils sont devenus trop importants pour ne pas être l’objet des manipulations à des fins commerciales, politiques ou criminelles. Si les dangers sont minimes en l’état actuel, ils seront en revanche potentiellement élevés lorsque les réseaux sociaux auront pris leur pleine maturité au sein d’une société gouvernée par les intérêts davantage que par les individus.

    Pour finir

    Quel tour de force pour les éditeurs du Muscadier ! Les auteurs de cet ouvrage ont joué le jeu : leurs opinions, radicalement opposées, sont mises en scène dans un débat écrit où les contradicteurs prennent le temps d’exposer leur position sur les enjeux des réseaux sociaux numériques. Pour tous ceux qui les utilisent ou qui s’en méfient sans bien savoir pourquoi, ce petit ouvrage fournit les pour et les contre utiles pour se faire une idée précise de la question : « À vous, ensuite, de vous forger votre propre opinion ! »

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    Julie Denouël, Éric Delcroix, Serge Proulx
    Éditions Le Muscadier
    Collection Le choc des idées
    2012
    128 pages
    9,90 € 

    Bibliolingus

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  • du-journalisme-après-bourdieu 

     

    Du journalisme après Bourdieu

    Daniel Schneidermann

    Éditions Fayard

    1999

     

    Oui, mais...

    Daniel Schneidermann, ancien journaliste au Monde et présentateur de l’émission méta-journalistique Arrêt sur images, s’adresse à Pierre Bourdieu : oui, vous avez raison quand vous dénoncez les ennemis du journalisme, lesquels sont « Urgence, Simplification, Suivisme, Présupposés non explicités, Pensée unique, Audimat et Sensationnalisme, Connivence, Cynisme, Autocensure1. » Mais…

    Par le biais d’exemples (la couverture médiatique de la mort de la princesse Diana, des banlieues, de l’affaire Mazarine Pingeot), il reprend une à une les attaques du sociologue quasi incontesté du Collège de France. Il atteste des vérités que l’éminent sociologue pointe, tout en justifiant et nuançant certains faits. Et soucieux de préserver l’objectivité de son travail, il remet également en cause la démarche sociologique de Bourdieu, qu’il estime pauvre en preuves et en débats avec contradicteurs.

     

    Les travers du journalisme

    « Le journalisme de masse est un champ de ruines. Sa crédibilité est saccagée. Sous le vernis du 20 heures affleure en permanence l’évidence du divertissement2. »

    Ce petit ouvrage reprend les fondements du métier de journaliste : comment définit-on le bon journalisme ? Comment choisir entre information rapide et information précise ? « Est-il préférable de publier le lendemain un article amputé ou bien d’attendre le surlendemain pour offrir un compte rendu complet3 ? » Quelle importance donner au fait divers ? Comment couvrir un événement en peu de mots/temps sans trahir les faits ? Faut-il simplifier au risque de tromper le lecteur/spectateur ?

    « Toute saga économique ou diplomatique, toute crise internationale, tout conflit social, tout fait divers […] comporte toujours des éléments que les journalistes sont tentés de gommer ou d’atténuer parce qu’ils leur paraissent nuire à la "lisibilité" de l’affaire qu’ils relatent4. »

    « Ils braquent aussi les projecteurs sur les détails extrêmes, sur le paroxysme des crises, laissant dans l’ombre la quasi-totalité de la réalité, coupable d’être trop banale, terne, sans intérêt5. »

    Si Schneidermann revendique la nécessité des débats contradictoires dans Arrêt sur images, Bourdieu et d’autres intellectuels rejettent ces débats avec les contradicteurs et préfèrent argumenter leurs idées lors d’une conférence ou dans un ouvrage.

    « [L’intellectuel] doit-il se contenter de publier, dans des livres arides, le résultat de ses recherches, ou bien doit-il s’efforcer de gagner à ses théories le public le plus large possible ? Refuser de s’exprimer dans les médias, n’est-ce pas renoncer à transmettre son savoir au plus grand nombre ? Mais aller aux médias, n’est-ce pas prendre le risque de la dénaturation, de la simplification6 ? »

    Au cœur de toutes les problématiques liées au journalisme, se trouve le temps : combien de temps faut-il pour réunir toutes les informations nécessaires au traitement d’un sujet ? combien de temps lui consacrer au journal ? combien de temps de parole accorder aux personnalités du débat ?

     

    Pour finir

    Schneidermann brosse un portrait tout en nuance du journalisme : la télévision publique, privée ou câblée, la presse écrite, les présentateurs, les animateurs… Tout le monde y passe, pour une meilleure approche d’un milieu qui colle notre quotidien.

    Certes, les propos de Schneidermann, tout comme ceux de ses contradicteurs, sont discutables : en ce sens, Du journalisme après Bourdieu mérite le détour, mais ne suffit pas. Se contenter de lire cet ouvrage serait réducteur : pour aller plus avant dans la réflexion sur le journalisme et sa fonction dans la société, d’autres lectures et documentaires se rapportent aux dérives du journalisme français.

     

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    1. Page 8. -2. Page 13. -3. Page 29. -4. Page 35. -5. Idem. -6. Page 6. 

     Du journalisme après Bourdieu
    Daniel Schneidermann
    Fayard
    1999
    150 pages
    13,50 €

    Bibliolingus

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