• La prison est-elle obsolète Angela Davis Bibliolingus

    La prison est-elle obsolète ?
    Angela Davis
    Au Diable Vauvert
    2014



     

     

    « Pourquoi est-il si difficile
    de concevoir une société sans prison1 ?
    »

    Supprimer la prison telle qu’on la connaît actuellement ? On a déjà du mal à interdire la peine de mort dans le monde, et les vents de haine pour la rétablir soufflent aussi en France. En toute honnêteté, Angela Davis, militante historique pour les droits de l’homme, défend là une opinion tout à fait déroutante, difficilement concevable, mais légitime à beaucoup d’égards.

    Angela Davis nous interpelle sur le rôle de la prison : au lieu d’être une institution d’auto-réhabilitation, le milieu carcéral est producteur de violences qui empoisonnent le « monde libre ». Pourtant, il n’y a probablement pas plus de délits ni de dangers qu’il y a trente ans, malgré le délire sécuritaire dans lequel nous plongent les politiques et les médias ; mais la définition juridique de crime a sensiblement été élargie.

    Surpopulation des prisons, allongement des peines, durcissement des conditions de vies, suppression des programmes d’éducation, de formation et d’émancipation intellectuelle… La prison va mal : les Noirs et les Latinos et les pauvres sont surreprésentés dans les prisons américaines (nous pourrions faire le même parallèle en France avec les Noirs, les Arabes et les pauvres), criminalisés par le racisme au faciès. Les femmes sont aussi de plus en plus nombreuses à se retrouver derrière les barreaux, victimes d’abus sexuels dont on ne parle quasiment pas. Être en prison signifie-t-il perdre tous ses droits, son humanité et sa dignité ? Répondre à la violence par la violence aurait déjà contribué à désamorcer une situation dangereuse ?

    Alors, à défaut d’être émancipatrice et rédemptrice pour les détenus, à qui profite la prison ? Aux industries du complexe carcéro-industriel qui construisent les prisons (lesquelles se sont dramatiquement multipliées aux États-Unis), qui les fournissent chaque jour en biens et services et qui profitent des prisonniers comme une main d’œuvre bon marché. Ces industries ont un intérêt majeur à la perpétuation et à la multiplication du système carcéral. Comment ne pas faire de la prison un business capitaliste mais un système de réhabilitation citoyenne ?

    En vérité, l’institution carcérale, au cœur de notre société, est reléguée au dernier plan du réel, et pourtant nous ne cessons pas de l’idéaliser dans les films. La prison reflète en creux les grands problèmes de notre société : racisme institutionnel, crise économique et paupérisation, crise du travail et précarisation, crise identitaire et fanatisme, crise de l’éducation et de l’ascension sociale… La prison regorge du « surplus humain2 » que le capitalisme exclut.

     

    Pour finir

    Angela Davis, militante historique des droits de l’homme, apporte une réflexion déroutante, dérangeante, et pourtant essentielle à l’analyse de notre société. Cet ouvrage de 160 pages s’appuie sur l’histoire de la prison américaine, intimement liée à l’esclavage, à la ségrégation et au racisme séculaire qui divise le pays. Le constat est accablant depuis les années 1980, avec l’avènement du capitalisme sous Reagan et la multiplication des prisons « supermax » fondées sur l’isolement total des détenus.

    Si Angela Davis passe un peu vite sur les alternatives, c’est parce qu’elle sont évidentes : améliorer le bien-être des êtres humains et leur rendre l’horizon social que chacun d’entre nous mérite. S’il fallait supprimer tous les chemins qui mènent à la prison, notre société serait égalitaire, démocratique, cultivée et riche de ses différences. Cela passe par l’accès aux droits fondamentaux : la dignité, le logement, le travail, les revenus minimum... ; et par la redéfinition juridique de la notion de délit.

    À la question : « Que vont devenir les assassins et les violeurs3 ? », Angela Davis choisit malheureusement de ne pas y répondre et, de surcroît, conclut son ouvrage en racontant l’histoire vraie, et pour le moins sidérante, du pardon absolu de parents envers les meurtriers de leur fille.

    Dans La prison est-elle obsolète ?, publié par Le diable Vauvert, une maison indépendante pourvue d’autres documents tout aussi remarquables, Angela Davis encourage à repenser nos institutions et à déconstruire le lien idéologique entre le crime et le châtiment.

    À tous ceux qui s’interrogent sur l’utilité et l’efficacité de la prison et de la peine de mort, à tous ceux qui croient en un monde plus juste, ce livre bouleversant vous est adressé.

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    1. Page 17. - 2. Page 114. - 3. Page 143.

    La prison est-elle obsolète ?
    (Are Prisons Obsolete? titre original)
    traduit de l’anglais (États-Unis) par Nathalie Peronny
    Angela Davis
    Au diable vauvert
    2014 (parution américaine en 2003)
    160 pages
    15 euros

    Bibliolingus

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  • En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté Collectif Bibliolingus

    En finir avec les idées fausses sur les pauvres
    et la pauvreté

    Association ATD Quart Monde
    Éditions de l’Atelier
    2014

     

    S’ils sont pauvres, c’est de leur faute

    « On peut gagner plus avec le RSA qu’avec le SMIC. »
    « Les immigrés prennent des emplois aux Français. »
    « N’importe qui peut se retrouver un jour dans la rue. »
    « La protection sociale creuse la dette publique. »
    « Pour réduire le chômage et la pauvreté, il faut baisser les cotisations sociales. »
    « On paie trop d’impôts. »

    Ce livre, aussi petit qu’un poche, est pourtant un texte essentiel contre les préjugés sur les pauvres. Aides sociales, travail, impôts, logement, éducation, dette publique, immigration, Roms… Il décortique plus de 100 idées reçues sur les pauvres eux-mêmes, mais aussi sur les « solutions » économiques et sociales pour lutter contre la pauvreté en s’appuyant sur des études internationales.

    En temps de crise, les médias et les pouvoirs publics invoquent la nécessité de l’austérité pour réduire la « dette publique ». Or, l’austérité est un cercle vicieux : en décourageant les aides et la protection sociales, le pouvoir d’achat et la consommation diminuent, ce qui entraîne une baisse de la demande économique, et donc une hausse du chômage… Ce sont les mêmes qui érigent le PIB, la croissance et la consommation en sacro-saints indicateurs de richesses et de bonheur collectif. Mais la richesse et le bonheur sont ailleurs, ils sont en nous, entre nous.

    Rédigé par ATD Quart Monde avec la collaboration et le soutien de 46 organisations et associationsEn finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté est un appel à la solidarité et à l’estime de l’autre : un ouvrage fondamental à tout citoyen !

     

    Les participants

    Les partenaires : Amicale du Sud, Amnesty International France, Apprentis d’Auteuil, CFDT, CGT, Cimade, CNAF, CNCDH, Défenseur des droits, Emmaüs, FNARS, FSCF, Grande Loge de France, Grande Loge Féminine de France, MAN, Médecins du Monde, MSA, NDH, Ordre de Malte, Scouts et Guides de France, Secours Catholique, SNES.

    Les organismes qui ont soutenu le projet : Advocacy France, AFEV, AFI Centre social, ANPAA, Appel national, CCSC, CMJCF, CMR, Enseignement catholique, Fonds CMU, GFEN, GIDE, LDH, MOuvement Colibris, MRAP, Petits Frères des pauvres, Secours islamique, SNC, SNMPMI, Société de Saint-Vincent-de-Paul, Solidarité Paysans, UNAFO, Unapp, Vacances et familles.

     

    l’acheter ?

    En l’achetant sur alterlibris.fr (c’est mon association), vous diffuserez l’ouvrage et soutiendrez ATD Quart Monde, AlterLibris, ainsi que toutes les associations qu’AlterLibris représente. Vous le trouverez également en librairie et chez la plupart des partenaires.

     

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       + Plein de romans sur Bibliolingus traitent de la pauvreté et de la précarité.

     

    En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté
    Jean-Christophe Sarrot, Bert Luyts et Marie-France Zimmer
    Association ATD Quart Monde et collectif
    Éditions de l’Atelier
    2014
    224 pages
    5 euros 

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